Petitepom lit…











{23 novembre 2013}   La porte des enfers – Laurent Gaudé

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Naples, 1980. « C’est là, au coin du vicolo della Pace et de la via Forcella, que tout bascula. D’abord il ne remarqua rien. Il continua à tirer l’enfant par le bras avec la même insistance. Lorsque les passants se mirent à crier, il s’arrêta. Il n’avait pas peur. Il ne comprenait pas. Il contempla autour de lui. Tout était devenu étrange. Il voyait, partout, les bouches des visages grandes ouvertes. Il entendait des cris, une femme avec un sac en osier était à quelques mètres devant lui, à quatre pattes contre une voiture, agitant les pieds comme si une araignée lui montait le long des jambes. Il resta immobile un temps qui lui parut une éternité, puis son corps sembla comprendre et il se jeta au sol. La peur venait de s’emparer de ses muscles, de son esprit, de son souffle. Il entendit des coups de feu. Plusieurs, qui se répondaient. Il avait plaqué son fils au sol, serré contre lui. ». Lorsque la fusillade s’arrête, Matteo découvre que l’enfant est mort. Ce qui se passe ensuite, Matteo et Giuliana, son épouse, ne s’en souviennent pas. Ils ont le sentiment d’être hors de la vie, leur douleur ne connaît pas de repos. Chauffeur de taxi, Matteo erre sans but d’un point à l’autre de la ville, travaillant désormais de nuit pour ne pas voir le monde. Un jour, Giuliana lui demande de retrouver et de supprimer le meurtrier de leur fils. Parce qu’il échoue, elle disparaît. Matteo, de son côté, apprend dans un café où se croisent d’étranges consommateurs qu’il est possible de descendre aux Enfers

Laurent Gaudé est un auteur que j’apprécie car chaque lecture est une surprise, ces écrits sont très différents à chaque livre. La porte des Enfers est le seul de la rentrée littéraire que je voulais absolument lire, rien que le titre m’a plu.

L’histoire tangue de 1980, jour du drame et 2002 jour de vengeance. Si la première période est claire, retraçant un drame quotidien ; la seconde est plus mystérieuse, ésotérique.

Giulana se réfugie dans l’oubli, Mattéo va s’entourer de drôles de personnages, riche en sentiments que la morale chrétienne condamne et enferme en enfer et c’est là que son chagrin va l’entraîner. On parle ici de mort et de douleur mais avec Gaudé, ça devient un conte,  deux mots qui ne vont pas ensemble, et pourtant…

Une atmosphère malsaine et latente fait de ce récit un bon thriller psychologique, une histoire originale et intéressante, pas toujours limpide mais il faut se laisser porter par l’histoire qui petit à petit, tout s’éclaire. Encore un fois, je ne suis pas déçue par Gaudé.

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